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sábado, 24 de janeiro de 2009

Moi, un écrivain?

J’ai envie d'être un écrivain de romans policiers. Je veux que mon détective soit un jeune homme silencieux, introspectif, mais qui aime toujours écouter les autres, analiser les comportements, les moeurs, observer attentivement les petites choses de la vie. Il sera aussi un amant de la littérature, de l’histoire, de la philosophie; il sera peut-être un historien, un académicien qui passe son temps libre en s’amusant avec les crimes des autres. Peut-être qu’il sera un investigateur de crimes passés, dont les suspects seront tous morts. Le problème c’est qu’on n’est pas en Angleterre, où il ya cette atmosphère de mystère raffinée qu’on retrouve toujours dans les aventures de Sherlock Holmes, Hercule Poirot et Adam Dalgliesh. Nous sommes au Brésil, un pays "grossier", avec des policiers grossiers, sans aucun charme, qui mangent mal dans des petits restaurants immondes avec des femmes du monde, des drogués, et qui sont parfois des bandits eux aussi, en participant des réseaux de traffic de drogues ou de mineurs prostituées; enfin, je veux devenir un écrivain de romans policiers, mais pas ici, au moins pas en utilisant un décor ou des personnages brésiliens. Mais comment pourrais-je écrire un livre avec un autre décor et d’autres acteurs? Je suis brésilien, peste! Mais l’idée d’écrire une histoire qui se passe à Minas au XVIIIe siècle reste encore dans ma tête. Mon détective sera peut-être un prêtre... Ça y est!! Mais il y aura encore le problème du language et du anachronisme... Il faut penser.

Belo Horizonte, le 19 octobre, 2000

segunda-feira, 5 de janeiro de 2009

À BH

Mon frère est ici. Il a 19 ans. Nous sommes tous les trois ici: mon frère, ma soeur et moi, sans papa et sans maman: des adultes à demi perdus dans cette ville où tous les jours, quoique il soit beau et lumineux, je me sens enveloppé par une atmosphère de terreur, d’angoisse, de tristesse. J’ai peur ici. Il faut écrire ma thèse, il faut aller au médicin, il faut lutter pour vivre. Mon père ne peut plus nous soutenir comme il faisait avant. J’ai besoin d’une bourse qui n’arrive pas: et j’ai peur qu’elle n’arrivera jamais.

Non. Il faut absolument que j’arrête de dire ces choses. Il faut être optimiste. Je suis bien. Je fais ce que je veux, j’ai une femme qui m’aime, nous sommes heureux. Il faut remercier à Dieu de cette vie que j’ai. Ce n’est pas une vie de merde. Aujourd’hui même j’ai acheté deux livres et j’ai prêté de l’argent au portier. Je n’ai pas de bourse et je depense de l’argent quand même. Et je suis bien, parce que j’ai deux livres de plus et j’ai fait, avec ma générosité, un ami.

La semaine prochaine je serai à Diamantina. Tout sera payé par le CEDEPLAR-UFMG, parce que j’y vais présenter un travail. Ça sera super! Je veux connaître cette ville depuis longtemps, l’ancien Tejuco, le village des diamants où habitait Chica da Silva, la négresse de João Fernandes, et où le pouvoir de la Couronne Portugaise s’est montré plus puissant, plus violent, malgré les conflits.

Belo Horizonte, le 22 août, 2000.

quarta-feira, 31 de dezembro de 2008

Going to Lisbon

To improve my listening, I watch Friends. Actually it’s a kind of vice, a very strong habit. Everyday I watch this show. It’s about a group of friends of different personalities and their life together, their problems…And it’s great, because I feel as if I was there with them! I know everyone; I suffer and laugh with them. It’s fantastic! Today I can understand almost everything in English, even the News at BBC and CNN. Douglas said I should try a travel scholarship to go to USA. I don’t know. I think I’ll try to go to Portugal, where I could stay for some months doing my research.
That’s it: I’m going to Lisbon.

Belo Horizonte, february 21, 2000

terça-feira, 23 de dezembro de 2008

C'est fascinant, mon travail

Tout s’est bien passé à Diamantina. C’est une ville charmante, pleine de tradition, de culture, de passé. Au Seminaire sur l’Économie Mineira j’ai presenté mon article sur les stratégies de marché à Minas au XVIIIe siècle et, après, j’ai su par Eduardo Paiva que ma recherche avait été bien réçue. Les présentations ont été dirigés par Douglas Libby, avec les commentaires de João Fragoso. J’était nerveux. Les regards étaient tous sur moi; je tremblais; j’avais peur. Pourtant, tout s’est bien passé. Le jour suivant, j’ai connu presque toutes les églises, la maison de Chica da Silva et le Musée du Diamant, où j’ai vu les instruments de travail, les armes, les meubles et d’autres objets utilisés par les personnes qui ont vécues au village du Tijuco au XVIIIe siècle. J’ai connu aussi la Bibliothèque Antônio Torres, où j’ai pu feuilleter quelques oeuvres du XVIIIe et XIXe siècles, comme, par exemple, un très ancien traité de medicine et le Cours de philosophie positive d’ Auguste Comte. L’église la plus belle de Diamantina est, sans doute, l’église des carmelites, celle de N. S. do Carmo, dont la construction a été payée par João Fernandes de Oliveira. Elle est très belle. Je ne sais pas comment la décrire, c’est quelque chose de magnifique, pas exubérante, mais fantastique à voir quand même. J’ai aussi visité la maison où l’ancien président JK était passé l’enfance et j’y ai vu les photos, les meubles, les livres et d’autres choses qui lui ont appartenues. Le passé de cette ville et de ses fils m’a complètement séduit. J’adore parcourir les rues anciennes, voir les églises, respirer l’air du passé. Ça alimente dans mon âme le désir de continuer à étudier l’histoire, de questionner les documents à propos de ce qui s’est passé il y a 200, 300 ans. C’est fascinant, mon travail.

Belo Horizonte, le 04 septembre, 2000

sábado, 15 de novembro de 2008

Le goût de l'archive

Rodrigo est en train d’écrire sa dissertation. Il fait des recherches dans une bibliothèque privée à Bom Sucesso - MG. Il n’est pas directement intéressé aux livres, mais à la personne qui les possédait. C’était un ancien professeur qui habitait la petite ville au début du XXe siècle, apparemment coupé du reste du monde, mais qui, pourtant, était possésseur d’une bibliothèque de plus de 3000 volumes. Il est mort au début des années 50 et aujourd’hui sa bibliothèque est fermée, presque oubliée. Je ne sais pas si j’aurai autant des livres comme ce professeur, mais j’espère vraiment qu’ils seront lus par quelqu’un de ma famille, ou par quelqu’un d’autre qui les gardera avec amour et qui les disposera de façon qu’ils puissent être vus par d’autres personnes; enfin, je veux que mes livres soient lus et que ceux qui les liront sachent qu’un jour ils ont appartenu à un historien qui aimait beaucoup les oeuvres littéraires et historiques et qui avait beaucoup travaillé sur celles qui seront devant leurs yeux. Je ne veux pas que mon travail soit oublié. C’est pour ça que je laisse des écrits historiques, des livres, des notes de recherche, des fiches, des documents transcrits. Je ne veux pas non plus que ma vie privée soit quelque chose de complètement mystérieux. C’est pour ça que je laisse des informations sur moi, des traces qui indiquent un chemin à ceux qui peut-être auront envie de savoir qui j’étais, des photos, des écrits, des lettres. Il faut que j’organise mon petit archive personnel.

Belo Horizonte, le 15 août, 2000

Le Comte de Monte-Cristo

Je suis en train de lire un livre fascinant: Le Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas. J’adore cet auteur. Il sait vraiment comment raconter une histoire, et la langue française y est très valorisée. J’ai encore une longue route à parcourir, parce que je suis à la page 164, pendant que le livre a presque 1500 pages. Tant mieux. Je serais même plus heureux si l’histoire pourrait continuer pour toujours, des volumes et des volumes, sans arrêt.

Belo Horizonte, le 09 mai, 2000

sexta-feira, 14 de novembro de 2008

Je ne me decide pas

Aujourd’hui je suis allé au Archive Publique. J’y ai rencontré Ivana. Elle lisait un document du XVIIIe siècle. Elle était pressée parce qu’elle n’avait pas beaucoup de temps. Il faisait chaud. J’avais un masque, mais l’allergie m’a prise quand même. Demain j’espère qu’elle me laissera en paix avec mes morts, parce que pour les écouter, il faut oublier le monde dans lequel nous vivons et se plonger dans le passé. Il fait très chaud maintenant. Je suis dans ma chambre, tout seul, la sueur coule sur mon dos. Je pense au livre que je vais lire demain pendant mon work-out. Lequel? Le Comte de Monte-Cristo? La vida exagerada de Martín Romaña? Unnatural causes? Je ne me decide pas. Tous les trois sont très bons. Ils sont là, empillés les uns sur les autres et je les regarde maintenant. Je dors. Bonne nuit.

Belo Horizonte, le 04 octobre, 2000

Unnatural causes

J’ai fini avec Unnatural causes. P. D. James is really fantastic. Je suis au comble de ma joie parce que j’ai encore 12 livres à lire de cet auteur. Mais il ne faut pas oublier que je suis en train d’écrire une thèse et que je ne peux pas me plonger dans la littérature de mystère avec trop de fureur et de folie. J’écris une thèse, voilà! Ce n’est plus une dissertation; c’est une thèse, et ça me fait peur. Pourtant, c’est amusant. C’est comme si j’étais aussi un détective en train de faire une investigation sur quelque crime passé. J’éssaie de réunir les indices dans des petits cadres d’intelligibilité, pour qu’après je puisse réunir tous ces cadres dans des cadres plus grands, pour avoir les chapitres et, après, la thèse. C’est un processus très compliqué mais qui n’est pas impossible de se concrétiser si vous avez une organisation rigoureuse. Je suis très rigoureux avec mon travail. Je crois même que je suis trop rigoureux, presque fou. Demain je vais au Archive, mais après je vais au cinéma. Il faut voir Celebrity de Woody Allen. J’adore ce metteur-en-scène [ou directeur, je ne sais pas]. Je m’identifie un peu avec ses personnages. Ils sont presque toujours liés au monde de la littérature, du cinéma, de la télévision; ils ont des problèmes amoureux, des crises d’identité; ils ne savent pas quel est le sens de la vie, pourquoi nous sommes ici dans ce monde; ils ont peur de mourrir, de ne plus exister; enfin, c’est moi. Pourtant je n’ai pas des problèmes amoureux. Nous sommes très bien, Maisa et moi. I’m very happy with her. She’s a loving person, sweet, adorable; she’s a princess and at this very moment I’d like to be in her arms, kissing her...

“Um dia frio, um bom lugar pra ler um livro, e o pensamento lá em você, pois sem você eu não vivo; um dia triste, toda a fragilidade incide, e o pensamento lá em você, e tudo me divide [...] espero com a força do pensamento recriar a luz que me trará você.”(Djavan).

Belo Horizonte, le 25 octobre, 2000

quinta-feira, 6 de novembro de 2008

Le Nouveau Impérialisme

Ceux qui contrôlent la nourriture, contrôlent la nation — Cette frase est complètement vraie, surtout quand il s’agit des pays pauvres. Je l’ai écouté dans une émission française sur les aliments génétiquement modifiés qui, aujourd’hui, suscitent des débats très acharnés. Le problème c’est que les laboratoires qui produisent les semences modifiées ne permettent pas que les agriculteurs produisent leurs propres semences après avoir fait leur premier achat. Ils doivent donc toujours aller chez les représentants des entreprises liées aux grands laboratoires. Ces derniers ont même crée une semence avec une charge génétique capable d’empêcher que leurs “filles” se réproduisent. Il faudra toujours aller au marché pour acheter des semences, et si ça continue, dans l’avenir, la nourriture sera contrôlée par des grandes entreprises, surtout les américaines. Il sera donc beaucoup plus facile d’établir un contrôle politique sur les nations pauvres. Ça sera un nouveau impérialisme, mais toujours ayant comme base le capital financier, dont l’origine on connaît déjà très bien.

Le 23 septembre, 1999

domingo, 12 de outubro de 2008

Le Journal

C’est très intéressant le journal, n’est-ce pas? C’est vraiment une petite psychothérapie. On y organise notre image, on y essaie d’encadrer notre vie, notre monde, d’arranger les choses, comme on fait avec nos cheveux et notre face devant un miroir. C’est très intéressant; mais les récits dans un journal, surtout dans le mien, ne peuvent pas être confondus avec la réalité. La réalité est autre chose. Le fait réel, on ne peut pas le toucher. A partir du moment qu’on voit quelque chose se passer ou qu’on fait quelque chose, le réel disparaît, parce que il y aura toujours un filtre entre le fait et les yeux. Dans un journal la réalité est filtrée, parce que ce qu’on écrit est simplement une représentation de la réalité. On fait ça pour organiser tout, pour rendre notre vie plus supportable.

Belo Horizonte, Le 17 avril 2000

quarta-feira, 3 de setembro de 2008

...parirse a sí mismos

Quelquefois, dans la vie, on doit changer d’avis, on doit même modifier presque ou complètement notre façon d’agir et de penser. Quelquefois, la réalité, les événements, nous forcent à regarder le monde avec d’autres yeux, et, pourtant, ça ne doit pas signifier le malheur, la dépression, l’abîme existentiel. J’ai ici deux exemples littéraires de ce que je parle. Le prémier est Robinson Crusoe, le jeune homme qui, soudain, s’est vu dans une situation terrible, perdu, peut-être pour toujours, dans une île déserte, sans communication avec le reste du monde. Le second est celui de Florentino Ariza, personnage de Gabriel García Marquez qui n’hésite pas à prendre des décisions considerées pour les autres comme n’ayant rien de sage, de raisonnable. Voici la prémière citation, le récit de Robinson Crusoe: “It was now that I began sensibly to feel how much more happy this life I now led was, with all its miserable circumstances, than the wicked, cursed, abominable life I led all the past part of my days; and now I changed both my sorrows and my joys; my very desires altered, my affections changed their gusts, and my delights were perfectly new, from what they were at my first coming, or indeed for the two years past.” La seconde: “El tío estaba resentido con él [Florentino Ariza] por la manera como malbarató el buen empleo de telegrafista en la Villa de Leyva, pero se dejó llevar por su convicción de que los seres humanos no nacen para siempre el día en que sus madres los alumbran, sino que la vida los obliga otra vez y muchas veces a parirse a sí mismos.”

Belo Horizonte, le 07 juillet, 2000

Todo sobre mi madre

Demain c’est le jour de l’examen. J’ai un peu peur, mais il faut que je sois tranquille. Que faire? On n’a qu’à attendre. Ils peuvent détruire mon travail, l’argumentation que j’ai bâti pour soutenir ma dissertation. Pourtant, ils peuvent la trouver si bonne que je pourrai même entrer directement au doctorat. Mais je ne veux pas parler de ça. En ce moment, pour oublier la tension, je trouve que c’est mieux de parler du dernier Almodóvar que j’ai vu: Todo sobre mi madre. Merveilleux, fascinant, intrigant, l’univers almodoverien. Almodóvar montre que les labels masculin et féminin n’existent pas comme la société les a imposés aux êtres humains. Dans le film, il y a un jeune garçon qui veut connâitre l’histoire de son père. Ce père était un homme, mais qui, maintenant, est un transexuel qui s’appelle Lola. Même en étant comme ça Lola a fait l’amour avec une jeune fille qui est devenue enceinte. Au même temps il lui a transmit le VIH. Dans cette histoire il y a aussi une actrisse qui aime les femmes. À la fin, sa copine l’abandone pour se marier avec un homme. On ne peut pas oublier du jeune acteur qui demande à Agrado, un autre transexuel, de le caresser, et qui ne s’est même pas questionné devant le fait d’Agrado avoir un pénis. Il s’agit d’un film où les rôles définis n’existent pas et où les personnes vivent comme elles sont. C’est beaux ça.

Belo Horizonte, le 24 octobre, 1999

sexta-feira, 18 de abril de 2008

Las Madres de la Plaza de Mayo

Aujourd’hui je suis allé voir Las Madres de la Plaza de Mayo, qui sont venues à BH invitées par le groupe Tortura nunca mais, duquel fait partie ma collègue Heloísa Greco. Il faut avouer que j’ai presque pleuré en écoutant ces mères, qui depuis plus de 20 ans luttent pour savoir ce qui s’est passé avec leurs fils disparus, certainement morts par le régime militaire. En Argentine, elles ont fondé une organisation dont le symbole est le pañuelo qu’elles mettent à la tête. Aujourd’hui, ces braves mères luttent pour la justice sociale, pour les droits de l’homme, pour une vie plus digne à tous les pauvres du monde. Elles ont décidé de prendre les valeurs pour lesquels luttaient leurs fils comme leurs valeurs à elles, et elles voyagent partout pour essayer de montrer aux jeunes d’aujourd’hui que la lutte n’est pas encore finie.
Belo Horizonte, le 31 août, 1999

sexta-feira, 11 de janeiro de 2008

Pourquoi je ne suis pas normal?

Il faut construire quelque chose avant de mourrir. Nous vivons dans une société qui valorise beaucoup l’argent, les choses qu’on possède, c’est-à-dire les voitures, les maisons, les fermes, les bijoux, les vêtements, etc. La philosophie de cette société c’est qu’on vaut ce qu’on a. Donc, je ne suis rien, parce que je n’ai rien. J’ai quelques livres, bien sûr. Pourtant, ça ne vaut rien dans une société comme la nôtre. J’ai envie de partir. Tout le monde ici veut savoir ce que je fais, pourquoi je n’ai pas d’argent, etc. À Pará de Minas surtout, les gens ne savent pas comprendre la situation dans laquelle je me trouve. Je suis un jeune qui ne termine jamais ses études et qui n’a pas d’argent pour se marier, pendant que d’autres jeunes en ont beaucoup plus que moi et ont dejà terminé les études il y a longtemps. Pourquoi je ne suis pas normal? C’est pour ça que je veux partir d’ici avec Maisa. Peut-être on pourrait aller vivre au Portugal. Ça serait merveilleux. J’espère qu’au Portugal il y aura Friends. Aujourd’hui j’ai vu le troisième épisode des nouveaux et je crois que je commence à m’habituer avec Chandler. Il a beaucoup changé depuis le dernier épisode, mais ça va. Les autres sont les mêmes. Tant mieux.

Belo Horizonte,
le 13 novembre, 2000

Heloísa Bizoca

Hier, quand j’étais chez Heloísa, une femme est arrivée. Elle voulait parler sur la lutte contre la torture pendant la dictature militaire au Brésil et sur les droits humains en général, ce qui nous a empêché de continuer notre traduction. Elle est en train d’écrire une thèse de doctorat sur ce sujet et en visitant Heloísa, elle cherchait à obtenir quelques contacts à Belo Horizonte. Pendant qu’elles se parlaient, je me promenait dans la petite bibliothèque d'Heloísa. Je ne me sens jamais fatigué quand je regarde les livres. J’adore les toucher, les feuilleter, sentir avec mes doigts leurs textures, en lire quelques paragraphes et m’amuser en m’imaginant un écrivain très connu, très riche. Un jour je vais écrire un roman; une histoire de mystère, a gripping one; et mon rêve, après l’avoir écrit, c’est d’abord de le publier chez quelque editeur. Quelquefois je m’imagine au Bouillon de culture, en train de partager mes opinions sur la littérature policière [les romans noirs] avec Bernard Pivot et d’autres écrivains. Je rêve; j’adore rêver. Mais les livres que j’ai vu dans la bibliothèque d’Heloísa sont plutôt marxistes. À côté de Marx, on y trouve Lenine, Rosa Luxemburgo, Trotsky, Christopher Hill, Hobsbawm et beaucoup d’autres. Ces livres et les idées de ses auteurs sont la passion d’Heloísa, une militante qui croit encore à la lutte de classes. Elle est fantastique, Heloísa. Je l’aime fort; je me sens très bien près d’elle. J’adore aussi son café, sa petite maison — très simple mais très acueillante —, ses livres, ses idées sur la vie, sur la politique, sur les besoins du Brésil, sur les hommes; j’admire beaucoup son radicalisme, sa volonté de lutter pour des choses qui n'ont rien à voir avec le succès personnel et l’argent. Aujourd’hui, la plupart des jeunes veulent le succès, n’ayant aucun intérêt au sort des autres. C’est honteux, mais c’est la réalité.

Belo Horizonte, le 21 juillet, 2000

I did what I loved

When I was a child, I wasn’t concerned about anything. I only played and was very happy. I liked studying, but my best memories are on playing with my cousin at my father’s farm. I had a rustic life. I grew-up among cows, horses and pigs, and it was great. We used to wake-up earlier than the rest of the family to see the sun-rises and to begin doing lots of things. One of the most extraordinary things we used to do was to build up little tents with dry grass and wood. It was fantastic because we considered those rustic buildings our own homes. We used to go fishing too. Fishing was like a battle. The best fisher would take the bigger fish, and during those moments it was impossible for us to see time passing. When I was thirteen, my life began to change. I continued to be a child, I really loved playing, but at that moment, I became more serious. I used to read a lot. I loved reading detective stories and imagining that I was a Sherlock Holmes or a Hercule Poirot and that I could solve any mysteries. In my class, the girls began to think they were already women and it was strange because my comrades and I still had a child soul. I didn’t know what to do and the common problems of a teenager began. I was worried about the society's opinion on me, that I had to go out with my friends and to pretend to be grown-up, what I really wasn’t. Instead, I sank in my books and in its imaginary world. I only began to go to parties and to act like an adult when I felt that I was ready to. However, it was impossible for me to avoid people's looks. They thought I wasn’t normal. Today, I laugh when I think about what happened to me. I was so stupid! But I was happy, I had a healthy childhood and when I was a teenager, I did what I loved.


Belo Horizonte, september 1999


domingo, 6 de janeiro de 2008

Le temps retrouvé

Hier j’ai vu pour la deuxième fois le film Le temps retrouvé, d’après l’oeuvre de Marcel Proust. C’est un film sur la mémoire de l’écrivain, et pour cela l’histoire n’a pas de chronologie. Proust est dans sa chambre et il se trouve mourrant. Avec l’aide de quelques photos il essaie de parcourir les chemins de sa mémoire, où il trouvera des fantômes, des gens qui ont fait partie de sa vie dans la France du XIXe siècle. Il lui est impossible de suivre un fil conducteur depuis le début jusqu’à la fin, ou le contraire. Les chemins de la mémoire sont pleins de trous et les souvenirs ne suivent pas une règle pour s’éveiller. Les photos, les bruits, les sensations les plus diverses permettent à Proust de se rapeller de quelque situation, de quelqu’un ou de quelque chose. Le Proust mourrant, sur son lit, en regardant une photo de Gilberte, un ancien amour, se souvient du jeune Proust, qui à son tour, assis dans une bibliothèque, se souvient du Proust enfant. Tous les trois se croisent pendant tout le film, mais ils n’arrivent pas à parcourir une route qui pourrait les conduire jusqu’à un point de rencontre où ils se fondraient. Le passé est fragmenté et l’histoire de notre vie n’est qu’un grand bouillon de souvenirs melangés dans une espèce de liquide noir qui rend la formation d’un dessein complet et harmonieux impossible. Ce liquide est toujours en mouvement, et il représente le mouvement de notre mémoire, qui au fur et à mesure que les années passent, devient plus turbulent, plus agité. Au moment de la mort, quand il n’y aura plus rien pour éviter ce malheureux destin que quelque force supérieur nous a imposé, en nous donnant la vie, la tempête va peut-être se calmer. C’est l’heure d’essayer de retrouver le temps, de former des images plus claires, plus complètes sur nôtre passé. Les images viennent, mais c’est dans un grand désordre qu’elles font leur éveil, le mourrant n’arrivant pas à les mettre dans un quadre chronologique complèt. Enfin, il se rend compte que malgré le peu de temps qu’il a passé sur la terre, il n’est pas capable de tout voir. La fin s’approche et rien au monde va éviter la chute final, la grande défaite de la mort.

Belo Horizonte, le 24 août, 1999

quarta-feira, 10 de outubro de 2007

Agatha Christie

Il fait froid aujourd’hui. Mes pieds sont gelés. Je ne sais pas comment expliquer ce temps. C’est la folie du temps, peut-être. Quant à moi, je suis heureux. J’aime bien le froid, surtout quand le ciel est sombre et quand il ne pleut pas. Je me rappele quand je montais le mur d’une maison où j’habitais, pour voir les tempêtes se former. Les gros nuages gris. Le vent fort qui soufflait. Les oiseaux en fuite. C’était le vrai plaisir. Je me sentais vivant là-haut. La pluie c’est bien quand on peut rester à la maison. Je me souviens d’un jour formidable de ma vie quand je finissais la lecture d’un livre d’Agatha Christie. C’était Murder on the Orient Express, et pendant que je le lisais il tombait un orage dehors. Dans le livre, c’était la neige qui tombait, pendant que Poirot donnait les dernières explications sur l’assassinat de Ratchett. Ç’a été un moment magique. J’était encore un adolescent, et le plus grand plaisir de ma vie c’était la lecture de romans policiers. Je remercie beaucoup à Stella Carr, une auteur de livres pour la jeunesse, qui m’a introduit dans ce monde merveilleux des histoires de détectives. Ensuite, je remercie à Marcos Rey, à mon avis, le grand maître de l’aventure urbaine et des histoires d’investigation dans la littérature pour les adolescents au Brésil. Mais l’auteur qui m’a séduit le plus ç’a été l’anglaise Agatha Christie. Avec elle j’ai découvert l’émotion de pénétrer vraiment dans un monde mystérieux, où tout le monde peut être un assassin. Ce qui est le plus intéressant c’est que la mort dans ses livres n’est pas une chose triste. C’est simplement ce que le lecteur attend avec impatience et qui doit être solucionée à la fin du livre. J’ai lu presque toutes les histoires d’Agatha Christie et j’espère pouvoir lire celles que je n’ai pas encore lues, autant que celles que je ne me rapelle plus la fin.
Belo Horizonte, le 06 octobre, 1999.


American Beauty

I really loved American Beauty. Kevin Spacey’s acting is great. Actually, all the movie is great. It’s good for us, poor latinos, to see the "americans" admiting their own misery. And that’s what happened when I was there, seeing an american family being destroyed by hate and foolishness. I have to admit, it made me think about my own family. I don’t want to have an ordinary life, with a normal family. I don’t want to build up a prison around me. I want to be free. So, I can’t keep forcing Maisa to do what she doesn’t want to do. I can’t force her to go to my relatives houses and to pretend to be happy instead of being what she really is: a very simple woman who hates being among that kind of people. She’s not used to go to family parties or meetings like me and I’m not going to force her to this anymore. But she has to give me something too, some freedom, some place to live without anyone, some time to be alone, by myself.
Belo Horizonte, March, 2000.