domingo, 13 de janeiro de 2008

Volta para casa


Finalmente tinha chegado o dia da tão esperada “volta para casa”. Nunca vou me esquecer desta cena: a imagem turva da cidade através da janela do avião, embaçada pelas lágrimas que não paravam de cair, e logo o grande oceano à frente, à minha espera, para a longa travessia. Ó Lisboa! Como te conheço! Como te sofri! Como te amo! Como te odeio! Com suas ruas e colinas cheias de história e encanto! Com seus sons, seus cheiros, sua dor... Como te senti!

sexta-feira, 11 de janeiro de 2008

Pourquoi je ne suis pas normal?

Il faut construire quelque chose avant de mourrir. Nous vivons dans une société qui valorise beaucoup l’argent, les choses qu’on possède, c’est-à-dire les voitures, les maisons, les fermes, les bijoux, les vêtements, etc. La philosophie de cette société c’est qu’on vaut ce qu’on a. Donc, je ne suis rien, parce que je n’ai rien. J’ai quelques livres, bien sûr. Pourtant, ça ne vaut rien dans une société comme la nôtre. J’ai envie de partir. Tout le monde ici veut savoir ce que je fais, pourquoi je n’ai pas d’argent, etc. À Pará de Minas surtout, les gens ne savent pas comprendre la situation dans laquelle je me trouve. Je suis un jeune qui ne termine jamais ses études et qui n’a pas d’argent pour se marier, pendant que d’autres jeunes en ont beaucoup plus que moi et ont dejà terminé les études il y a longtemps. Pourquoi je ne suis pas normal? C’est pour ça que je veux partir d’ici avec Maisa. Peut-être on pourrait aller vivre au Portugal. Ça serait merveilleux. J’espère qu’au Portugal il y aura Friends. Aujourd’hui j’ai vu le troisième épisode des nouveaux et je crois que je commence à m’habituer avec Chandler. Il a beaucoup changé depuis le dernier épisode, mais ça va. Les autres sont les mêmes. Tant mieux.

Belo Horizonte,
le 13 novembre, 2000

Heloísa Bizoca

Hier, quand j’étais chez Heloísa, une femme est arrivée. Elle voulait parler sur la lutte contre la torture pendant la dictature militaire au Brésil et sur les droits humains en général, ce qui nous a empêché de continuer notre traduction. Elle est en train d’écrire une thèse de doctorat sur ce sujet et en visitant Heloísa, elle cherchait à obtenir quelques contacts à Belo Horizonte. Pendant qu’elles se parlaient, je me promenait dans la petite bibliothèque d'Heloísa. Je ne me sens jamais fatigué quand je regarde les livres. J’adore les toucher, les feuilleter, sentir avec mes doigts leurs textures, en lire quelques paragraphes et m’amuser en m’imaginant un écrivain très connu, très riche. Un jour je vais écrire un roman; une histoire de mystère, a gripping one; et mon rêve, après l’avoir écrit, c’est d’abord de le publier chez quelque editeur. Quelquefois je m’imagine au Bouillon de culture, en train de partager mes opinions sur la littérature policière [les romans noirs] avec Bernard Pivot et d’autres écrivains. Je rêve; j’adore rêver. Mais les livres que j’ai vu dans la bibliothèque d’Heloísa sont plutôt marxistes. À côté de Marx, on y trouve Lenine, Rosa Luxemburgo, Trotsky, Christopher Hill, Hobsbawm et beaucoup d’autres. Ces livres et les idées de ses auteurs sont la passion d’Heloísa, une militante qui croit encore à la lutte de classes. Elle est fantastique, Heloísa. Je l’aime fort; je me sens très bien près d’elle. J’adore aussi son café, sa petite maison — très simple mais très acueillante —, ses livres, ses idées sur la vie, sur la politique, sur les besoins du Brésil, sur les hommes; j’admire beaucoup son radicalisme, sa volonté de lutter pour des choses qui n'ont rien à voir avec le succès personnel et l’argent. Aujourd’hui, la plupart des jeunes veulent le succès, n’ayant aucun intérêt au sort des autres. C’est honteux, mais c’est la réalité.

Belo Horizonte, le 21 juillet, 2000

Amor

“Huberto Naranjo llevaba largo tiempo sin mujer. Más tarde supe que esa privación de afecto y de sexo era para él lo más difícil de sobrellevar en la montaña. En cada visita a la ciudad corría al primer prostíbulo que surgiera a su paso y durante unos instantes, siempre demasiado breves, se hundía en el marasmo abismante de una sensualidad urgente, rabiosa y finalmente triste, que apenas aliviaba el hambre acumulada sin darle en realidad ninguna dicha. Cuando podía ofrecerse el lujo de pensar en sí mismo, lo agobiaba el anhelo de tener en los brazos a una muchacha que fuera sólo suya, de poseerla por completo, de que ella lo esperara, lo deseara y le fuera fiel.”

Eva Luna

Love


“There will remain, here in my journal, the things Henry has said. I receive them like gifts of jewels, incense, and perfumes. Henry’s words fall, and I catch them with such care that I forget to talk. I am the slave fanning him with peacock feathers. He talks about God, Dostoevsky, and the finesse of Fred’s writing. He draws a distinction between that finesse and his own dramatic, sensational, potent writing. He can say with humility, ‘Fred has a finesse which I lack, erudition, the quality of an Anatole France.’ And I say, ‘But don’t you see, he lacks the passion, just as France lacked it. It is what you have!’ At the thought of this, as we walk along a boulevard, I want to kiss the man whose passion rushes like lava through a chill intellectual world. I want to give up my life, my home, my security, my writing, to live with him, to work for him, to be a prostitute for him, anything, even to be fatally hurt by him.”

Anaïs Nin [1903-1977]

I did what I loved

When I was a child, I wasn’t concerned about anything. I only played and was very happy. I liked studying, but my best memories are on playing with my cousin at my father’s farm. I had a rustic life. I grew-up among cows, horses and pigs, and it was great. We used to wake-up earlier than the rest of the family to see the sun-rises and to begin doing lots of things. One of the most extraordinary things we used to do was to build up little tents with dry grass and wood. It was fantastic because we considered those rustic buildings our own homes. We used to go fishing too. Fishing was like a battle. The best fisher would take the bigger fish, and during those moments it was impossible for us to see time passing. When I was thirteen, my life began to change. I continued to be a child, I really loved playing, but at that moment, I became more serious. I used to read a lot. I loved reading detective stories and imagining that I was a Sherlock Holmes or a Hercule Poirot and that I could solve any mysteries. In my class, the girls began to think they were already women and it was strange because my comrades and I still had a child soul. I didn’t know what to do and the common problems of a teenager began. I was worried about the society's opinion on me, that I had to go out with my friends and to pretend to be grown-up, what I really wasn’t. Instead, I sank in my books and in its imaginary world. I only began to go to parties and to act like an adult when I felt that I was ready to. However, it was impossible for me to avoid people's looks. They thought I wasn’t normal. Today, I laugh when I think about what happened to me. I was so stupid! But I was happy, I had a healthy childhood and when I was a teenager, I did what I loved.


Belo Horizonte, september 1999


quinta-feira, 10 de janeiro de 2008

terça-feira, 8 de janeiro de 2008

Tristeza

Sinto hoje a alma cheia de tristeza!

Um sino dobra em mim Ave-Maria!

Lá fora, a chuva, brancas mãos esguias,

Faz na vidraça rendas de Veneza...

O vento desgrenhado chora e reza

Por alma dos que estão nas agonias!

E flocos de neve, aves brancas, frias,

Batem as asas pela Natureza ...

Chuva ... tenho tristeza! Mas porquê?!

Vento ... tenho saudades! Mas de quê?!

Ó neve que destino triste o nosso!

Ó chuva! Ó vento! Ó neve! Que tortura!

Gritem ao mundo inteiro esta amargura,

Digam isto que sinto que eu não posso!!...


Florbela Espanca [1894-1930]

Sem remédio

Aqueles que me têm muito amor

Não sabem o que sinto e o que sou ...

Não sabem que passou, um dia, a Dor

À minha porta e, nesse dia, entrou.

E é desde então que eu sinto este pavor,

Este frio que anda em mim, e que gelou

O que de bom me deu Nosso Senhor!

Se eu nem sei por onde ando e onde vou!!

Sinto os passos da Dor, essa cadência

Que é já tortura infinda, que é demência!

Que é já vontade doida de gritar!

E é sempre a mesma mágoa, o mesmo tédio,

A mesma angústia funda, sem remédio,

Andando atrás de mim, sem me largar!


Florbela Espanca [1894-1930]

Angústia

Tortura do pensar! Triste lamento!

Quem nos dera calar a tua voz!

Quem nos dera cá dentro, muito a sós,

Estrangular a hidra num momento!

E não se quer pensar! ... e o pensamento

Sempre a morder-nos bem, dentro de nós ...

Querer apagar no céu – ó sonho atroz! –

O brilho duma estrela, com o vento! ...

E não se apaga, não ... nada se apaga!

Vem sempre rastejando como a vaga ...

Vem sempre perguntando: “O que te resta? ...”

Ah! não ser mais que o vago, o infinito!

Ser pedaço de gelo, ser granito,

Ser rugido de tigre na floresta!


Florbela Espanca [1894-1930]


domingo, 6 de janeiro de 2008

Le temps retrouvé

Hier j’ai vu pour la deuxième fois le film Le temps retrouvé, d’après l’oeuvre de Marcel Proust. C’est un film sur la mémoire de l’écrivain, et pour cela l’histoire n’a pas de chronologie. Proust est dans sa chambre et il se trouve mourrant. Avec l’aide de quelques photos il essaie de parcourir les chemins de sa mémoire, où il trouvera des fantômes, des gens qui ont fait partie de sa vie dans la France du XIXe siècle. Il lui est impossible de suivre un fil conducteur depuis le début jusqu’à la fin, ou le contraire. Les chemins de la mémoire sont pleins de trous et les souvenirs ne suivent pas une règle pour s’éveiller. Les photos, les bruits, les sensations les plus diverses permettent à Proust de se rapeller de quelque situation, de quelqu’un ou de quelque chose. Le Proust mourrant, sur son lit, en regardant une photo de Gilberte, un ancien amour, se souvient du jeune Proust, qui à son tour, assis dans une bibliothèque, se souvient du Proust enfant. Tous les trois se croisent pendant tout le film, mais ils n’arrivent pas à parcourir une route qui pourrait les conduire jusqu’à un point de rencontre où ils se fondraient. Le passé est fragmenté et l’histoire de notre vie n’est qu’un grand bouillon de souvenirs melangés dans une espèce de liquide noir qui rend la formation d’un dessein complet et harmonieux impossible. Ce liquide est toujours en mouvement, et il représente le mouvement de notre mémoire, qui au fur et à mesure que les années passent, devient plus turbulent, plus agité. Au moment de la mort, quand il n’y aura plus rien pour éviter ce malheureux destin que quelque force supérieur nous a imposé, en nous donnant la vie, la tempête va peut-être se calmer. C’est l’heure d’essayer de retrouver le temps, de former des images plus claires, plus complètes sur nôtre passé. Les images viennent, mais c’est dans un grand désordre qu’elles font leur éveil, le mourrant n’arrivant pas à les mettre dans un quadre chronologique complèt. Enfin, il se rend compte que malgré le peu de temps qu’il a passé sur la terre, il n’est pas capable de tout voir. La fin s’approche et rien au monde va éviter la chute final, la grande défaite de la mort.

Belo Horizonte, le 24 août, 1999

Cena do chuveiro



Um banho de chuveiro num motel de beira de estrada. Somente a mão de um gênio poderia transformar um gesto tão banal em sinônimo de medo, suspense, terror, mistério e agonia. Alfred Hitchcock, o mestre do suspense, conseguiu. A cena do assassinato da personagem interpretada por Janet Leigh em “Psicose” [1960] já foi escolhida por críticos franceses como “a mais memorável” da história do cinema. Filmada em setenta ângulos diferentes durante sete dias, a seqüência do chuveiro dura apenas quarenta e cinco segundos, mas já rendeu quatro décadas de fama a Janet Leigh, uma atriz de sorte que parece estar sempre no filme certo na hora certa.

quinta-feira, 3 de janeiro de 2008

The Psychoed

As I was going up the stair,
I met a man who was not there,
he wasn’t there again today,
I wish that man would go away.

Hughes Mearns (1875-1965), «The Psychoed»

Halfway down the stairs

Halfway down the stairs
Is a stair where I sit:
There isn’t any other stair quite like it.
I’m not at the bottom,
I’m not at the top:
So this is the stair where I always stop.
Halfway up the stairs
Isn’t up, and isn’t down.
It isn’t in the nursery, it isn’t in the town:
And all sorts of funny thoughts
Run round my head:
«It isn’t really anywhere! It’s somewhere else instead!»

Alan Alexander Milne (1882-1956)